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Cinéma Zootopie

Discussion dans 'Arts Médiatiques et Scéniques' démarrée par Eris, 18 Février 2016.

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  1. Eris
    Hors-ligne

    Eris Matière noire Modo Atelier Modo Évasion Flower Power

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    @Mlle_Eris
    Zootopie affiche.jpg


    Titre original : Zootopia
    Réalisateurs : Byron Howard (Raiponce), Rich Moore (Les Mondes de Ralph) et Jared Bush (aussi au scénario)
    Date de sortie : 17 février 2016






    Je ne veux pas spoiler. Vraiment, ne rien dire à propos de l'histoire. Du coup je ne ferai pas de résumé, parce qu'il risquerait d'être biaisé. Je suis allée voir Zootopie avec toutes les bandes-annonces en tête, les affiches du métro Concorde, bref, beaucoup de matériau disponible en amont du visionnage.
    Mais le film a quand même réussi à me surprendre par son thème principal, qui se faufile au fur et à mesure pour éclater en même temps que l'intrigue. Et sous couvert de modernité rutilante et joyeuse, c'est un sujet très actuel, beaucoup moins léger et utopique, que dévoile le film. En fait, il respecte tout à fait l'intérêt de l'anthropomorphisme, mais... avec tout cette rondeur et légèreté, je ne m'y attendais pas. Pas à ce point.

    Les premières minutes du film sont un pur concentré de rourou et d'amour débordant pour des boules de poils plus craquantes les unes que les autres. Sérieusement, les animateurs sont des génies parce que de l'écran ne ressortait que du Mignon à l'état pur. C'était. Putain. De. Chou.

    Et puis tout d'un coup, on a droit à une scène assez violente, moralement. Je ne m'attendais pas à ce que Judy se prenne effectivement un gros coup de griffe, et la mise en scène ne fait pas passer ça pour une simple tape sur la joue. On sentait vraiment la violence des enfants, confuse mais surprenante. Très franchement la scène m'est restée en tête pendant les dix minutes qui ont suivi, tellement elle m'a... secouée ?
    Idem avec le flashback de Nick, qui est aussi d'une violence injuste qui prend aux tripes. Mais c'est en fait l'origine de cette violence qui choque. Cette discrimination qui semble ancrée dans les esprits sans pouvoir en sortir.

    Zootopie
    est en effet un film d'animation qui parle de racisme. De racisme dans sa formule actuelle, à travers l'insécurité et la peur. Ça m'a d'ailleurs complètement fait perdre les pédales de pouvoir faire le lien avec la situation en France quand le film dénonce clairement le comportement de méfiance générale envers une catégorie de personnes et ses conséquences. J'ai en outre beaucoup aimé le parti pris de représenter les minorités par les prédateurs, qui perso m'a obligée à retourner tout le schmilblick. Ça oblige à changer la vision de La Fontaine qui associe ceux-ci aux "dominants". Ici on les associe à une relation danger/victime avec les proies. Cela permet de mieux assimiler les préjugés car on connaît la chaîne alimentaire, tout en les contestant puisqu'au moment du film, ils sont civilisés et ces préjugés n'ont pas de raison de persister. Ce qu'ils font pourtant. C'est bien joué.

    Très franchement, je ne m'attendais pas à ça. Pas de manière aussi importante, en fait. En général les films qui ne traitent pas du sujet ouvertement préfèrent glisser des allusions ici ou là. Zootopie ne s'en vante pas, mais il en fait son intrigue principal. Et c'est cette essence très blacksadienne qui m'a conquise.

    En bref, et parce que je n'ai pas le courage de tout écrire, je suis complètement sous le charme de Zootopie, malgré quelques maladresses vers la fin qui sont surtout dues, à mon avis, à des scènes un peu rushées par rapport à la première partie du film. C'est dommage, car ça manque du coup d'un peu de subtilité.

    De même, j'étais assez réticente à voir Nick dans la police, parce que bon, voilà. Détective, ça aurait été cool comme job. Mais en fait, pourquoi vouloir l'exclure ? ~ Il fera détective dans quelques années quand il en aura assez, voilà tout ~ Ou bien ce sera le renard policier de Blacksad ~

    Pour l'anecdote, même avec la VF et sans connaître le casting, on peut de suite griller Idris Elba derrière le chef Bogo. Les enfoirés ont fait reprendre au personnage les mêmes mimiques que l'acteur. :rigole:
     
    Patchy et Lougane aiment ceci.
  2.  
  3. Mojito
    Hors-ligne

    Mojito Matière noire Modo Jeux Vidéo Modo Sas

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    Déjà.

    Ca.

    A chaque scène où il apparaissait, j'étais SUR qu'en VO, c'était l'homme le plus classieux du multivers qui le doublait. En particulier quand il met ses lunettes.

    Sinon... Voilà un Disney intéressant. Et plutôt surprenant. Je vais surtout passer en spoil parce que comme Eris, je n'ai vraiment pas envie de spoiler, mais un mot rapide sur l'animation, elle est vraiment excellente. J'évite toujours de parler de cet aspect parce que je n'y connais pas grand chose mais le niveau est vraiment excellent. Et je ne parle même pas de la qualité des textures, mais plus de la fluidité et de la mise en scène. Les scènes "d'action" de Hopps sont très agréables à regarder, c'est bondissant, léger et vraiment classe.

    Maintenant, ce qui m'a vraiment marqué, ce sont les thèmes. Et je passe en spoil.

    En fait, comme Eris, le fait que les prédateurs soient les minorités est plutôt intelligent, parce que je sens la volonté de brouiller les cartes, ou de moins, de représenter de façon un peu moins gentillette les différents comportements contre les discriminations. Si Hopps défend l'idée qu'elle peut être ce qu'elle désire, elle fera preuve d'un comportement horrible et contraire envers les prédateurs. C'est très réaliste et intéressant, personne n'est à l'abris de comportements violents, même ceux les montrant du doigt en général. Et oui, le fait que les dominés soient prédateurs forcent un décalage assez troublant.

    A un moment, quand le film s'est tourné vers l'ADN, j'ai eu très, très peur que l'on dérape dans des contrés idéologiques où je n'avais pas beaucoup envie de mettre les pieds, l'idée étant en plus défendue par notre héroïne choute et adorable. Mais non, là où le film est intéressant, c'est que, pendant un moment, il nous fait développer un malaise envers Hopps. Un peu comme si ta meilleure pote, que tu adores, que tu sais gentille, ouverte d'esprit et tout te sort une saloperie raciste sans le voir. J'ai vraiment eu ce sentiment pour la scène de l'interview.

    Au final, nos deux personnages principaux sont touchants, appellent à la sympathie, voir à l'empathie mais par méconnaissance, insouciance ou maladresse sont capables du pire. Et punaise. C'est cool de voir ça dans un Disney. On se moque facilement du militant FN ou du Tonton raciste en oubliant l'introspection pourtant si importante, que ce comportement si négatif vienne de personnages si positifs... Fiou... Ca fait du bien. J'ajouterai sur ce point, je ne suis pas sûr, mais le moment de la remise en question de la police, j'y ai quand même vu un signe envers les violences faites aux noirs par les forces de l'ordre. Sujet très, trop d'actualité. De même que l'utilisation du racisme à des fins politiques. HEIN MONSIEUR LION. HEIN MADAME MOUTON.

    Hopps est adorable. Il y'a une chose que je regrette depuis quelque temps, afin de mettre des personnages introvertis sur le devant de la scène ( Ce qui est GE-NIAL, hein. J'en suis heureux. ), j'ai l'impression que l'on a un peu fait de l'extraversion un défaut. Hopps est juste tellement positive sur ce point, elle est très expressive, sûre d'elle tout en étant absolument adorable. Dès les premières scènes, j'ai adoré cette lapine et comme Eris, la scène du coup de griffes est très marquante. Que ce soit la mise en scène ou tout le symbolisme autour. La contrepartie de Nick est vraiment géniale aussi ( Avec la muselière. ).

    Cela dit, "ma" scène est celle où Hopps fond littéralement en larmes en s'excusant auprès de Nick. *a chialé avec elle*

    Maaaaaintenaaaant... J'ai un soucis. La fin. Sérieusement. Vous les avez fichu ensemble ? Vous ne pouvez pas vous en empêcher, hein ? Hugh.


    Bref. J'ai adoré Zootopie, je pense que sur l'écriture et peut-être les thèmes, il y'a de légères maladresses, mais j'en ressors vraiment avec le sentiment d'avoir vu quelque chose d'important, de créatif et de très chouette.
     
    Dernière modification: 18 Février 2016
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  4. Eris
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    Eris Matière noire Modo Atelier Modo Évasion Flower Power

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    Je savais que j'avais oublié un truc mais pour la toute fin du film
    Ouuuuuiiii je me suis tellement fait la même réflexion. Le pire, c'est que ça s'est joué à un seul échange, deux phrases toutes bêtes. Alors que je croisais les doigts pour qu'ils laissent le doute. Qu'on puisse s'extasier devant une complicité amicale aussi bien construite, ou les shipper. Ou les deux à la fois.
     
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  5. Silveda
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    Silveda Matière noire Modo Arts Rhétos Modo Arts L&BA

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    uh2900,1260220742,ThreadNecromancer.jpg
    Oui, j'aime cette image.

    Comme je suis une personne d'une rapidité incroyable, j'ai vu Zootopie la semaine dernière seulement. Et... Meh. Bwarf même.
    La première demi-heure de film m'a semblé d'un intérêt très faible. Tout y est rond, mignon et surtout rythmé d'une manière pour le moins déroutante. Entre les instants d'hystérie totale et les fort nombreuses longueurs, je n'ai absolument pas su sur quel pied danser. Heureusement, le film s'améliore grandement une fois enfin entré dans le coeur de l'action. L'intrigue débute pour le moins tardivement, mais au moins elle présente. Au cours des quarante minutes suivantes, j'ai véritablement plongé dans l'univers de Zootopie et ai même réussi à apprécier les personnages - qui pourtant ne m'intéressaient jusque là pas le moins du monde. Las ! Les vingt dernières minutes retombent lamentablement dans les travers du début, je recommence à m'ennuyer à 100 sous de l'heure et je finis mon visionnage avec un goût amer en bouche. Bref, ce film est pour moi une déception. Dans l'ensemble, j'ai pourtant passé un moment pas désagréable, mais sans plus. Loin, très loin de la claque que j'aurais pu me prendre si l'ensemble de l'oeuvre était à la hauteur de son segment central.

    Mais, Silveda, vont sans nul doute s'exprimer @Mojito et @Eris, que fais-tu du message ? Tu ne parles là que de ton (dé)plaisir lors du visionnage, des couleurs en pagaille, du rythme et tu oublies l'essentiel : la thématique abordée.

    Beeeen.... Ouais.
    C'est cool, ça parle de racisme et le racisme c'est mal m'voyez. Il faut pas avoir de préjugés, ni rejeter l'autre, il faut passer outre ses peurs et accepter la différence. Même que les politiques ne devraient pas jouer sur les craintes et le racisme ordinaire de leurs électeurs, sous peine d'être élus triomphalement d'être des méchants vraiment pas gentils. Youhou. Youplaboum.

    ....

    Quoi ? Certes, c'est toujours bien que ce sujet soit abordé, certes la thématique spécifique du travail de déconstruction et de remise en question à faire par tous est aussi rare qu'importante, mais ça ne suffit pas à mes yeux à transformer Zootopie en vrai bon film. D'autant moins quand c'est fait d'une façon aussi peu fine. Je veux dire, les scénaristes sont tellement motivés à inverser tous les rôles - afin de bien souligner que tout le monde peut être raciste - que l'identité de l'antagoniste, qui aurait pu être une surprise, un point d'orgue, se devine quasiment à sa toute première apparition. C'est pour le moins dommage.
     

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