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Cinéma The Plague Dogs

Fiche dans 'Oeuvres des Arts médiatiques et scéniques' rédigée par Po_, 6 Janvier 2016. Current view count: 1085.

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The Plague Dogs

Auteur - Staff :

Domaine : Cinéma

Domaines secondaires : Animation

Genre(s) : Aventure, drame



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Réalisateur Martin Rosen
Scénario Adaptation du livre de Richard Adams
Doubleurs John Hurt, Christopher Benjamin, James Bolam
Bande Originale Patrick Gleeson
Nationalité Britannique
Durée 1h43 (version longue) ou 1h23 (version courte)
Date de sortie 1982 – Royaume Uni / 2012 - France
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Chiens de laboratoire, Snitter et Rowf prennent la fuite et s'aventurent sur les terres de liberté.




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C'est une histoire qui a pour lieu
Labo cruel en l'an de Dieu
1982 histoire canine mais si humaine


« Le temps des cathédrales » se tait un instant ; The Plague Dogs entre en scène. Distribué dans les salles obscures de la Grande Bretagne en 1982, le film de Martin Rosen n'a pas connu le retentissement de son confrère jovial Rox et Rouky, sorti l'année précédente. Le long-métrage donne aussi la parole à des chiens mais ne pousse jamais la chansonnette ! Aberrant. Un dessin animé, des chiens, mais un visuel d'un naturalisme troublant, et pas de chanson. « Ils n'étaient même pas mignons ! » rugit la maman au regret d'avoir emmené son fils au ciné. The Plague Dogs ne s'est cependant pas laissé gommer par l'oubli. La France accueille le film pour la première fois – émotion... – en 2012 grâce au distributeur Splendor Films.

C'est une course poursuite qui tourne dans la bobine. C'est une histoire qui a du chien, qui flaire bon l'audace.

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L'errance supporte les assauts de la désolation au milieu des paysages montagneux où le roc éprouve le cœur. Que la pierre érodée use leurs pattes, que la boue mollassonne ventouse leur héroïsme épuisé, chiens qui ont échappé à la rectitude infernale des constructions-prisons. La nature des espaces configure la destinée au museau désespéré. La géométrie acérée des laboratoires fond dans les irrégularités – tortueuses – des massifs montagneux. Les cloisons s'effacent et libèrent les horizons. Décor planté, et poussent les héros, en pots.

Toujours la mise en scène sert un propos percutant, aidée par la musique tour à tour discrète, vigoureuse, totale, et pertinente constamment. La composition de l'image dont le cadrage est le contenant crée la pensée cinématographique : ici, au plus près des animaux. Le chien, le spectateur, les yeux dans les yeux ; et l'animal a une pensée. L'image dote la bête d'une conscience, la définissant comme un être à part entière, voguant des vues d'ensemble aux gros plans, au mépris de la vue en plongée : regard de l'orgueil, de la hauteur humaine, regard qui chosifie.

La caméra adaptée au niveau canin décapite les hommes. Est-ce à dire que le réalisateur préfère les étêtés sanglants ? Il se contente sagement de laisser les visages humains hors champ. Une cohérence pragmatique le justifie tout d'abord ; le point de vue de l'animal se situe plus vraisemblablement à 80 centimètres du sol qu'à 1,80 mètre de hauteur (observation faite dans le respect des colosses canins). Si le raccourcissement de l'espèce humaine apparaît comme une simple conséquence physique, se fait jour aussi une symbolique certaine. La tête – ses trifoullis organiques, ses labyrinthes nerveux... – est le siège de la pensée, de la conscience. La tête ôtée, les hommes en sont privés. N'en déplaise à Descartes pour qui les animaux ne diffèrent pas des machines, chien se targue d'un profond « J’aboie donc je suis. ». L'affirmation se fait un tantinet abusive en ce que, présentement, les chiens parlent.

Par le verbe, la bête prend définitivement des atours humains. Les manières langagières dessinent les personnalités de chacun des êtres, manières complétées par des expressions faciales des plus animées. Ils parlent, nous parlons, nous sont-ils égaux ? Chercher les sept différences s'avèrerait un peu vain et digne seulement d'un anthropocentrisme coquet. Toute une société canine se déploie parallèlement à la société des hommes. Du comportement d'un maître découle bien souvent celui de son chien. Le spectateur rencontre les chiens du berger, protecteurs et assurés, le petit poilu à la houppette, superficiel, frivole, le compagnon du fermier, impulsif, agressif, l'essaim de la police, tenace, impitoyable.

Cette société canine, satellitaire en quelque sorte, trouve son indépendance, ses qualités propres à travers les personnages construits : l'aquaphobe farouche mais courageux, l'amnésique mélancolique. Emblèmes d'un universalisme, leurs figures provoquent l'empathie. The Plague Dogs dépeint avec justesse, non sans rudesse ! la recherche de – recule mignardise – paix et amour, les questionnements incessants de la conscience aiguisée, les circonvolutions sentimentales, la quête de liberté au parfum de révolte.

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Po_

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Auteur de 3 fiches
Dernière publication : The Plague Dogs (index Oeuvres des Arts médiatiques et scéniques)

Le mot de l'auteur :

Huns noix-zoo pas-tôt. BOLU !

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