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Santé L'excision

Fiche dans 'Articles des Arts Rhétoriques' rédigée par SniperZX, 21 Mars 2013. Current view count: 10265.

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Un point sur l’action menée au plan international, national et local dans la lutte contre les mutilations génitales féminines
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Répartition géographique de la prévalence des mutilations génitales féminines sur le continent africain

Suivant la répartition géographique donnée par l’OMS, la pratique des mutilations génitales féminines (MGF), serait « plus commune dans l'Ouest, l'Est et le Nord-Est de l'Afrique, dans certains pays d'Asie et au Moyen-orient, ainsi que dans certaines communautés d'immigrants en Amérique du Nord et en Europe. »

  • Petit aperçu d’une lutte qui a pris une envergure internationale en quelques décennies
Selon les estimations de l’OMS, 140 millions de jeunes filles et de femmes dans le monde souffrent actuellement des séquelles de mutilations sexuelles. Toujours selon ces mêmes chiffres, ce phénomène toucherait en Afrique, 92 millions de jeunes filles de 10 ans et plus. En ajoutant que chaque année, c’est près de 3 millions de filles qui seraient exposées à ce danger que représente les mutilations génitales féminines (MGF).

Face à cette situation, d’importants efforts sont fournis par de nombreuses institutions internationales afin d’endiguer ce phénomène. Ainsi pour mémoire c’est en 1997 que, soutenu dans sa démarche par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), l’OMS a fait une déclaration contre les MGF.

Cependant, cela ne signifie pas qu’antérieurement, il n’existait pas déjà des actions contre ces mutilations. Pour exemple, l’organisation non-gouvernementale CI-AF (Comité Inter-Africain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants), créée en Février 1984 (à Dakar), lutte depuis contre ce genre de pratiques néfastes.
A quelques années près en 1985, le parlement anglais adoptait le texte Prohibition of Female Circumcision Act 1985, qui faisait alors de l’excision un acte criminel.
Présentée en Afrique , comme l’une des pionnières en matière de législation contre les mutilations génitales féminines, la Guinée aurait adopté une première loi sur le sujet en 1967.
Ce qui prouve que depuis des décennies déjà, la nuisance des MGF étaient reconnue et combattue, et cela même sur le continent africain.

Après tout ce chemin parcouru, dans le but de mieux orienter le cap de celui qui reste à parcourir, l’Assemblée générale de l’ONU (Organisation Mondiale des Nations Unies) a adopté le 20 Décembre 2012, sa toute première résolution, condamnant les mutilations génitales féminines.
Pour conclure, depuis 2003, chaque 6 Février est décrété comme « Journée internationale de la tolérance zéro pour la mutilation génitale féminine ». Occasion non seulement, de parler davantage des MGF, mais également de faire un point sur le combat de longue haleine, qui est mené pour les éradiquer.


  • Stratégie employée dans la plupart des pays où les MGF sévissent le plus
Dans la grande majorité des états où les mutilations génitales féminines enregistrent une forte prévalence, les premières législations les condamnant ont été adoptées pour la plupart durant les années 90. Aujourd’hui, selon l’OMS, près de 22 pays africains disposeraient de ce type de législation.
Cependant, les MGF étant des pratiques ancrées dans les mœurs, l’imposition de la loi ne suffit en rien à les endiguer. Pour exemple, bien que la législation guinéenne ait déclaré ce genre de pratiques comme répréhensibles, à ce jour aucun cas n’aurait été porté devant la justice. Or, les MGF n’ont pas disparu pour autant, se pratiquant avec la complicité des communautés locales, qui comptent en leur sein des ethnies très attachées à l’excision.

Partant de ce type de constat, la lutte contre les mutilations génitales féminines se fait constamment sur le schéma suivant: sensibilisation, prévention et répression.
  • La sensibilisation : Première des étapes pour aller vers une évolution des mentalités, elle passe par de grandes campagnes d’information où les dangers des MGF sont présentés et démontrés. Des campagnes effectuées aussi bien en milieu urbain que rural, et portées même en certaines occasions, à la connaissance des jeunes filles dans les établissements scolaires.

    Bien évidemment, l’implication des leaders d’opinion publique dans ce volet « sensibilisation », est de rigueur. En l’occurrence au Sénégal, en Egypte et ailleurs, des imams et des érudits du droit musulman, démontrent par leur analyse du Coran, que celui-ci ne recommande en rien l’excision.
  • La prévention : Elle s’articule autour d’initiatives visant à éliminer certaines causes à l’origine du profond attachement de certaines populations à la pratique des MGF. Et parmi ces causes, figure en bonne place : l’inégalité des sexes et l’ignorance. Deux choses rectifiables notamment au moyen de l’alphabétisation et de la formation, en passant par la reconversion des exciseuses ou autres praticiens réalisant traditionnellement les mutilations génitales féminines.

    La communication restant un facteur très important, faire comprendre aux communautés concernées qu’il ne s’agit en rien d’une remise en cause de la tradition, mais d’une tradition, est l’une des meilleures façons d’arriver à un consensus.
    Ainsi par exemple, Masanga Éducation et Assistance (MEA), une ONG basée en Suisse, a proposé dans un village en Sierra Léone, la prise en charge intégrale de la scolarité de toutes les jeunes filles, dont les parents accepteraient la formule suivante: « Maintient des cérémonies d'initiation des jeunes filles, et cela dans le respect de tous les rituels, sauf l'excision ». Au bout du compte selon, Michèle Moreau, fondatrice de l’organisation: « Aujourd’hui, à Masanga, le nombre de petites filles de moins de 6 ans qui ne sont pas excisées dépassent le nombre de celles qui le sont ».
  • La répression : Passé le temps de la communication rigoureuse et des avertissements multiples, vient celui de la sanction que nul n’est censé ignorer. En constatant qu’avec son faible impact sur le phénomène, cette dernière s’inscrit plus dans une démarche symbolique démontrant que la pratique des MGF est mauvaise.
    Car dans la plupart des pays où des lois condamnant les MGF ont été votées, celles-ci sont loin d’avoir disparu, ont tout simplement migré vers la clandestinité, laquelle est souvent appuyée et renforcée par la complicité des populations locales.
  • Le refus de la médicalisation : Source d’inquiétude pour l’OMS, les mutilations génitales féminines auraient tendance à être pratiquées par des professionnels de santé, ce qui aurait une fâcheuse conséquence à légitimer les MGF, qui restent même dans ce cas de figure, préjudiciables. Ainsi, leur pratique dans les établissements hospitaliers, fait ou tend à faire l’objet d’interdiction.
    De ce fait, dans bien des législations, effectuer une intervention de ce type en ayant l’attribution de professionnel de santé, est une circonstance aggravante.

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SniperZX

SniperZX

Auteur de 2 fiches
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Quelqu'un qui prend en compte son passé et compose avec son présent, dans l'optique d'avoir un avenir plus radieux.

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6 commentaires dans la discussion Santé L'excision

  1. Nina

    Nina10 Novembre 2014

    Ce dossier est très intéressant, merci SniperZX. L'excision est un crime.
  2. TheRenantel

    TheRenantel10 Novembre 2014

    Je ne dirais pas ça non plus, ça dépend du contexte et du pourquoi ;-)
  3. Len

    Len10 Novembre 2014

    Euh ? Pour le coup, c'est pas une question de contexte : contrairement à la circoncision où des raisons médicales peuvent être avancées dans certaines situations, on parle d'une pratique qui ne repose que sur la tradition et ne prétend aucunement avoir une base rationnelle.
  4. Nina

    Nina10 Novembre 2014

    TheRenantel, peux-tu développer tes pensées ?
  5. TheRenantel

    TheRenantel10 Novembre 2014

    Hum, c'est une malencontreuse distraction et mauvaise lecture du titre... C'est un fait qu'en y regardant de plus près, l'excision est une belle horreur et souffrances pour les femmes... Veuillez excuser ma distraction o.o
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