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Cinéma Kotonoha no Niwa / The Garden of Words

Fiche dans 'Oeuvres des Arts médiatiques et scéniques' rédigée par Maya, 14 Octobre 2013. Current view count: 1670.

Po_ et Pixy aiment ceci.

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The Garden of Words

Titre V.O. : 言の葉の庭

Auteur - Staff :

Domaine : Anime

Genre(s) : Drame, Romance

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Support : Oeuvre originale de Makoto Shinkai.
Année : 2013, le 31/05.
Durée : 46 min.
Screenplay / Storyboard / Unit Director / Directeur de photographie / Color Design : Makoto Shinkai.
Character designer / Animation Director : Kenichi Tsuchiya.
Art director : Hiroshi Takiguchi
Musique : Daisuke Kashiwa.
ED: Motohiro Hata - 「Rain」

http://www.kotonohanoniwa.jp/






Résumé :


Takao est un jeune lycéen, rêvant d'une carrière en tant que confectionneur de chaussures. Les jours de pluie, il sèche les cours pour s'entraîner à dessiner des croquis dans un jardin de style japonais. Il y fera la rencontre d'une mystérieuse jeune femme, Yukino, son aînée d'une dizaine d'années.




Personnages :



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Avis Personnel :


La pluie.

La pierre angulaire de l’histoire étant un élément naturel : La pluie, que ce soit esthétiquement ou narrativement. Alors que la pluie est habituellement synonyme de tristesse et de solitude, j’ai été ravie que cette histoire aille contre ce principe imposé par une idée reçue, les jours de pluie pouvant être les plus radieux et les plus heureux. Dans cette œuvre, les jours de pluie symbolisant le bonheur, la paix et la sérénité.



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Nos deux protagonistes se donnant rendez-vous chaque matinée pluvieuse dans ce lieu poétique qu’est un simple jardin au bord de la rivière. Un jardin d’une beauté époustouflante, un spectacle visuel qu’il m’a été peu (jamais ?) donné d’admirer autre part. Le soin apporté au moindre petit détail par Shinkai participe à notre immersion dans ce monde, pas la moindre petite erreur (visible à l’œil du spectateur lambda, du moins) n’existe dans ce travail méticuleux où l’artwork et l’animation frisent la perfection.
Le détail dans l’animation allant jusqu’à une parfaite synchronisation entre le bruit que cela provoque et le moment où une goutte de pluie heurte le sol.



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Les plans sont d’une telle authenticité qu’on pourrait se penser dans un « film live » et non pas un film d’animation. Une douce ambiance se mettant en place dès les premières minutes, avec des silences éloquents qui feraient passer les quelques dialogues pour des bruits de fond tant on est captivés par les somptueux décors et bercés par la délicatesse des mélodies jouées au piano, d’une simplicité délibérée.

Des dialogues assez pauvres, soulignant la monotonie du quotidien des deux protagonistes. Nous basculons entre leurs deux points de vue sous forme de monologues contemplatifs et nous attachons à eux dans un cadre d’une poésie à nous tenir en apnée tout au long des 46 minutes. Au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaitre, à s’aimer, à se quitter pour se retrouver à la première goutte de pluie. Une romance entre deux êtres perdus, un jeune lycéen, Takao, complètement perdu et nageant dans l’incertitude quant à son avenir, ses études et ses ambitions de créateur de chaussures et une jeune femme, Yukino, perdue dans la société adulte où elle ne se sent pas à sa place. Deux êtres perdus, échangeant quelques mots dans un jardin, loin des regards. Les mots étant au centre même de l’intrigue, avec le tanka récité par Yukino lors de leur rencontre qui prendra tout son sens par la suite, nous prenant au dépourvu, tirant sur notre corde sensible.



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« I’ve always been here, stuck in the same place. »​




L’histoire reste dans la même veine que 5cm per Second, The Place Promised in Our Early Days, ou encore Voices of a Distant Star et c’est là que résiderait mon unique reproche. Shinkai se cantonnant ainsi à un registre où il excelle. « La distance » et « L’amour impossible » étant ses thèmes de prédilection… Mais comment râler après une telle maîtrise de son art ? On ne peut que reconnaître son habilité à raconter une histoire, à jouer avec nos émotions, à nous embarquer dans une romance sans prétention et nous déchirer le cœur ! Les jeux de lumière (un autre point fort esthétique du film), les dialogues concis mais efficaces, les regards en coin, les expressions quasi-humaines des personnages… Ce n’est pas de simples dessins, ce n’est pas un simple film d'animation… même s’il traite de « distance », nous sommes incapables de garder la nôtre et sommes submergés par les émotions des personnages qui se mélangent aux nôtres et nous transportent dans leur univers.

Certains éléments de l’histoire sont abordés avec une subtilité se passant de tout discours explicatif. Comme la passion de Takao pour la création de chaussures. Avant même qu’il n’ait à l’exprimer avec des mots, on le remarque dans ses croquis, ses passe-temps ou encore dans la décoration de sa chambre qui lui sert d’atelier. Ca ne reste qu’un exemple, mais l’élégance de la mise en scène et la méticulosité de Shinkai se ressentent dans chaque séquence.



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« That’s why I’ve decided to make shoes that will make her want to get up and walk. »​



Malgré une conclusion mélodramatique qui tranche avec les fins plus subtiles se déroulant dans un silence éloquent auxquelles nous a habitués le maître, je n’ai pas pour autant noté le côté forcé « Drama spotted. Pleure, maintenant » qu’on retrouve de manière récurrente dans les œuvres du genre. Peut-être que l’impact en fut du coup différent, mais la formule a pris sur moi, et cela avait quelque chose d’inattendu. Quand on va regarder du Shinkai, on sait d’avance que l’on doit prévoir un bon paquet de kleenex, par ailleurs.

L’insert-song sur la fin achevant de fissurer les carapaces les plus coriaces, et où l’on retrouve indéniablement cette douce nostalgie de 5cm per Second, la première œuvre de Shinkai à m’avoir fait réaliser que ce type là est un maître lorsqu’il s’agit de faire véhiculer des émotions.


Somme toute, un chef-d’œuvre à la hauteur des attentes de la Shinkai-fangirl que je suis, et allant même au-delà. Un habillage visuel des plus réussis, avec des décors détaillés, vivants et installant une ambiance poétique, servis par une animation impeccable, fluide et participant à l’authenticité du rendu. Des choix d’OST pertinents avec des morceaux de piano n’en faisant ni trop ni pas assez, et embrassant délicatement l’ambiance mélancolique et le doux bruit de la pluie, avec le son des gouttes heurtant le sol.
Un charadesign d’une finesse tranchant avec les tous premiers films de Shinkai (Une pensée pour Voices of a Distant Star où ne rivalisait avec la beauté de l’histoire que la laideur du charadesign carré et brouillon) et malgré l’aspect plus moderne, plus soigné, on retrouve sa signature dans les expressions et les couleurs pastels.



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Le doublage est un autre des points forts de l’œuvre avec une Yukino doublée par la délicieuse Kana Hanazawa qui réussit à retranscrire le côté enfantin d’une jeune femme irresponsable, encore bloquée à ses quinze ans, terrorisée par le monde adulte. A l’instar d’un Takao, doublé par le très talentueux Irino Miyu réussissant à marquer la maturité d’un adolescent ayant grandi plus vite que les autres car il a dû très tôt apprendre à ne compter que sur lui-même et prendre ses responsabilités.


Un petit bijou de 46 minutes qui s’inscrit honorablement dans la même lignée que ses prédécesseurs, un concentré d’émotion et un travail d’animation soigné, méticuleux dont devrait s’inspirer le genre, Shinkai étant incontestablement un modèle. Je ne saurai vous le recommander assez, et pour ceux qui le peuvent, alors que je me console avec ma version VO Blu-Ray, n’hésitez pas à aller voir ce sublime film sur grand écran au Grand Rex le 18 octobre 2013 ou encore me débrouiller une dédicace en guise de remerciement pour cette fiche passionnée lors de la séance de dédicaces qu’offrira Makoto Shinkai le samedi 19 octobre dès 11h00 à la Fnac Forum des Halles . ( Comment ça je ne suis qu'une culottée d'opportuniste? :rigole: )


Au final, je n’ai pas honte de l’admettre : Je suis tombée amoureuse de ce long-métrage, à tel point que les mots ne sauraient suffire à exprimer mon ressenti en ressortant de cette unique expérience.


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Maya

Maya

Auteur de 34 fiches
Dernière publication : Samidare (index Oeuvres Manga & Anime)

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34 commentaires dans la discussion Cinéma [Animation] Kotonoha no Niwa / The Garden of Words

  1. Inika

    Inika14 Octobre 2013

    J'ai vu ce petit film d'Animation il y a quelques mois de cela. L'histoire est extrêmement touchante bien que courte. L'aspect esthétique est à son paroxysme tant la splendeur des décors rayonne à l'écran. Tout est magnifique, que ce soit la pluie qui s'abat violemment, jusqu'aux émotions des personnages qui vous touchent véritablement. La parole n'est pas un langage indispensable puisque la communication entre les deux protagonistes passe malgré tout grâce à l'environnement qui les... Lire la suite
  2. Pixy

    Pixy16 Octobre 2013

    Vu il y a quelques mois, revu ce soir et c'est toujours du bon. Je ne trouverai pas assez de mots pour qualifier la qualité de ce film. L'eau, la luminosité, tout est superbement retranscrit. Les personnages sont tout les deux touchants et on se laisse aisément transporter par cette courte histoire. Enorme coup de coeur pour les quelques minutes avant la fin. [SPOILER] Bref c'est une claque graphique à ne pas louper.
  3. Dareen

    Dareen20 Octobre 2013

    Vu au cinéma avec la présence de Makoto Shinkai. Le vrai problème de ce film c'est que c'est du Shinkai pur jus, sans réelle surprise. Il est bon, c'est un vrai plaisir de le voir, mais il manque un peu de folie. Un énorme point positif pour le graphisme quasi-parfait en ce qui concerne les décors et le réalisme (on se croirait vraiment à Shinjuku !). Ce que j'ai moins aimé c'est la fin qui est trop larmoyante. Mais spécialement c'est ce qu'à préféré une certaine personne qui va se... Lire la suite
  4. Maya

    Maya20 Octobre 2013

    Oh le petit veinard. J'espère bien que tu réalises ta chance. :3 (Question stupide: C'était en VF, du coup ?) Concernant ce que tu reproches au film, comme déjà mentionné dans ma fiche pavé-esque, je ne suis pas d'accord. Quand tu dis qu'il n'y a pas de réelle surprise, [SPOILER] Certes, ça reste du Makoto Shinkai pur jus, mais c'est loin d'être un défaut, c'est ce qui fait l'essence même de ses films, emprunts d'une originalité et d'une signature propres à lui. Pour en revenir à la fin... Lire la suite
  5. Sweety-chan

    Sweety-chan24 Octobre 2013

    Je réponds un peu à la bourre, mais ça va me faire du bien de récapituler mon avis ici. (Disons que je tourne en rond en MP avec une certaine personne :p) Tout d'abord, pour répondre à ta question Maya et égayer ta fan-attitude, le film était en VOSTF, et c'est la traductrice dont j'ai oublié le nom (et qui a l'air vraiment super cool, une blonde aux cheveux courts), qui animait la conférence. J'ai beaucoup aimé les questions qu'elle a posées, ça m'a laissé un avis plutôt positif sur le... Lire la suite
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