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Caro

Fiche dans 'Galeries des membres' rédigée par Caro, 24 Décembre 2013. Current view count: 4741.

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Le Rapt​


Je suis au fond du trou. Vraiment, littéralement, vous vous demandez comment j’ai bien pu en arriver là ? Parfois je me le demande aussi. Je n’ai rien fait pour mériter une telle fin.

Il y a quelques semaines à peine, mon existence entière n’était que joie et amour. Je sortais en boîte avec mes semblables, et passais mes journées allongé à me reposer. C’était la belle vie… avant que je ne me fasse enlever.

Un jour. Sans prévenir. Le destin vous tombe dessus. Peut-on dire qu’un enlèvement fait parti du destin ? Je le trouverais dans ce cas bien cruel. Je préfère me dire que j’ai manqué de chance. Cela aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous. D’ailleurs cela était tellement fréquent ! De moins en moins cependant. Avec les progrès de l’informatique, les méchants avaient découvert bien des moyens d’arriver à leur fin sans passer par la case séquestration. Il faut croire que mon méchant était de la vieille école.
Il m’emmenait de lieux sombres en lieux sombres. Je voyais la vie en noir. C’était terrifiant. Parfois je croisais d’autres victimes, je restais avec elles dans un silence pesant, puis mon ravisseur venait me chercher.

Au départ, il ne chercha pas à être violent. Il était patient. Il voulait que je danse avec lui. Je trouvais cela on ne peut plus étrange comme requête, mais la peur me faisait agir, ma survie était plus importante que tout. S’il m’avait demandé de repasser, je l’aurais fait sans hésiter, pourvu qu’il ne se mette pas en colère.
Je dansais donc. Me tenant par la main, il me faisait tournoyer dans les airs. Je m’élançais, faisais des cabrioles, et des pirouettes, espérant que cela le mette dans de bonnes dispositions.

Cela marcha un temps. Mais bientôt cela ne fut plus suffisant. Il voulait dorénavant que je lui raconte des histoires. Mais moi, je n’en connaissais pas. Je n’avais pas eu de mère pour me border tous les soirs avec de jolis contes de fée. Je n’avais pas non plus lu de roman policier, j’avais toujours été spectateur immobile pendant que d’autres lisaient. Cela, je le regrettais, peut-être aurais-je su alors quoi faire pour me sortir de cette situation digne des intrigues les plus étranges. Mais je devais suspendre mes divagations rapidement, et tenter d’imaginer ce que j’allais pouvoir lui narrer. En vain.
Il faut admettre que mon ravisseur était un curieux personnage. Mais alors, il eu la réaction que je redoutais depuis les premiers instants. Il perdit patience. Une ride vint se creuser sur son front. Il prit son visage déformé dans ses mains, comme pour lutter contre ses pulsions. Infime espoir illusoire.

Les semaines qui suivirent furent les pires de mon existence. Peut-être avait-il lui-même trouvé l’inspiration et mettait-il ses idées en pratique. Noire inspiration que la sienne.

Il me traînait sur le sol. Mon sang s’écoulait sans que personne ne vienne arrêter l’hémorragie. Pire encore, lorsque celle-ci cessait d’elle-même, mon ravisseur me secouait avec force et puissance, comme si je ne souffrais pas assez, pour obtenir de moi un discours que je ne pouvais tenir.
Il s’arrêtait ensuite quelques instants, me recouvrait le visage d’un voile noir de telle sorte que je ne puisse plus voir que le néant. Sans doute pensait-il qu’avec quelques secondes de repos et un peu de réflexion je me déciderais à parler. A lui souffler, à bout de force, les quelques mots qu’il attendait. Quelques mots venaient, en effet, mais jamais assez. Alors, il recommençait. J’embrassais le sol, sentais l’odeur de mon sang qui se répandait hors de mon corps, j’étais secoué puis encagoulé.

Cela dura des jours et des nuits.

Puis lorsqu’il comprit qu’il n’obtiendrait plus rien de moi, il m’encagoula de nouveau, une ultime fois. Pris de panique, je ne pouvais me débattre, je restais figé comme un squelette. Et si la panique ne m’avait ôté tous mes moyens, je n’aurais pas pu batailler non plus car je m’en rendais compte maintenant, mon liquide vital m’avait quitté peu à peu.

Réduit à l’impuissance, je pris part à mon dernier trajet, celui qui m’emmenait vers ma fin. Mon ravisseur me jeta dans la fosse. Et je l’entendis murmurer en s’éloignant : « Cela se passe toujours comme ça, je vais devoir me trouver un nouveau jouet, et vite » Je me sentais déjà désolé pour cette prochaine victime. Elle allait vivre des instants qu’elle ne pouvait même pas imaginer dans ses pires cauchemars. Il poursuivit : « Il faudrait quand même que je m’en trouve un qui fonctionne, c’est une véritable malédiction de n’avoir que des stylos qui claquent à cette allure ».

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1 commentaires dans la discussion Galerie Caro

  1. Caro

    Caro25 Avril 2014

    Quelques photos de l'Hotel de ville de Poitiers et de la Cathédrale Saint-Pierre! :)
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