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Arck by Arckhangelos

Fiche dans 'Galeries des membres' rédigée par Arckhangelos, 8 Mai 2014. Current view count: 4640.

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J'ai débuté son écriture dans le train en allant chez mes parents pour Noël. J'y ai mis une partie de moi dedans, une certaine frustration que j'avais. Et c'est surement grâce au fait que cela est été un exutoire que je l'apprécie malgré ses imperfections.

Je fais péter la limite de caractères alors je vous invite à lire l'intégralité ici.

Fraternel

Décembre. J'étais parti tôt le matin. Le voyage durerait longtemps. Je détestais devoir faire ce trajet trois fois par an.
Il neigeait. Les flocons dansaient tout autour de moi. Cette impression de légèreté grandit alors que la fumée noire de la locomotive contrastait avec le paysage empli de pureté.

Cette année n'avait pas été comme les autres : mon père avait augmenté la pression sur mes épaules depuis l'accident de mon frère. De plus, je me sentais plus qu'impliqué dans sa chute de cheval, ce qui me troublais profondément, entraînant de mauvais résultats au lycée.
C'est sa lettre qui m'aida. Je l'avais lue un nombre incalculable de fois. Malgré tout le soin que je porte à mes affaires, le papier est un peu froissé et à certains endroits, d'anciennes larmes avaient fusionné avec l'encre, effaçant à moitié quelques mots. Je la conservai précieusement, tout en sachant que maintenant, je la connaissais par cœur.

Espoir. C'était le sentiment que j'avais ressenti en la lisant. Elle était comme une marque définissant l'entrée dans une nouvelle ère. Je m'étais alors convaincu du but de ma vie. Je devais prendre le même chemin tracé par mon aîné pour pouvoir prendre sa place avec sérénité.
Mais avant, il fallait que je me montre à la hauteur. J'avais déjà tâché le nom familial auparavant. Je devais rentrer chez moi, la tête haute après les avoir toutes effacées. Je me mis à ce travail avec acharnement.

Des heures durant je travaillais mais plus mes résultats s'amélioraient, plus je voyais un gouffre s'étendre devant moi. Je n'avais pas comme lui le talent pour les langues, cette capacité d'exceller en grec et en latin. Je savais que je n'atteindrai jamais son niveau. Je resterais malgré tout le second.

M'inquiétant constamment de sa santé, je lui écrivais alors beaucoup plus souvent. Il était faible mais il faisait l'effort de m'écrire afin de m'encourager. Il finissait toujours par me dire que c'était lui et lui seul qui était responsable de son état.

Mes parents étaient devenus beaucoup plus froid. Mon père distant et son humeur s'était dégradé. Quant à ma mère, elle m'avait toujours délaissé étant le cadet, préférant s'occuper de mon frère ou de ma jeune sœur. Je l'avais entendue dire lors de réunions entre femmes.
Cela fit mal. Je me souvenais de tout. Oui, de tout. Surtout le regard vide de mon père se posant sur moi. Puis, l'apparition d'une lumière emplie de haine et de douleur en voyant le corps de mon frère. Tous ses plans réduits à néant par son propre sang. Lui qui cherchait à nous anoblir...
Une chute de cheval. Quelque chose pouvant paraître totalement anodin mais qui néanmoins peut-être fatale. Cela aurait dû être moi. Ce fut lui.
Il était pourtant un excellent cavalier.

Nous nous promenions dans les champs et comme à chaque fois, nous nous lancions dans un galop à travers les sous-bois. Cependant, cette fois-ci, cela avait mal tourné.

Mon cheval s'était emballé. Je n'arrivais plus à arrêter ma monture. Je m'agrippais autant que je pouvais pour ne pas tomber. Je craignais le pire quand deux mains étaient alors apparues et avaient serré fermement les rênes, puis, elles avaient tiré progressivement, de plus en plus, en arrière, ralentissant alors peu à peu l'équidé.

Je m'étais alors souvenu de ce qu'il m'avait dit quelques années auparavant : « N'oublie jamais deux choses : il faut toujours que tu maîtrises, en gardant en main les rênes, ton cheval car sinon, tu mets en jeu vos vies. Ensuite, tu ne dois surtout pas angoisser, montré ta peur. Dans toute condition, tu dois rester calme. »

A ce moment-là, j'avais gentiment écouté son discours et opiner pour pouvoir enfin monter sur un cheval comme un grand. Il avait cédé à mon impatience tout en ajoutant : « de toutes manières, ne t'inquiète pas, je serais là! »

Non, tu n'aurais pas dû être là!

Je m'étais retourné pour te remercier. Et à cet instant, une lueur étrange dans ses yeux était apparue, puis il avait disparu, avalé par la forêt.
Étonné, j'avais tout de suite stoppé mon cheval et partais à sa recherche dans les sous-bois. J'allais enfin pouvoir me moquer de lui. Lui, tomber de sa jument! Je ne pouvais absolument pas laisser passer ça. Enfin, je le trouvais.

Quand je l'ai vu, le sourire qui était à mes lèvres disparu et se mua en effroi. Ses vêtements étaient déchirés. De longues estafilades parcouraient son corps. Malgré cet état, il avait tout juste gémi. La première chose dont il s'était inquiété, était de savoir où était passée Fleur.

L'animal, privé de son maître pour le diriger, c'était de lui-même arrêté à quelques enjambées de là.

Affolé, j'eus tout de même la lucidité de le déposer sur un brancard fabriqué rapidement pour nous ramener le plus vite possible à la maison.

Lorsque nous fûmes arrivés, il était inconscient. J'étais encore sous le choc et je n'étais pas capable d'expliquer clairement ce qui s'était passé.

On envoya chercher le médecin le plus proche.

Il recommanda quelques infusions mais ne détecta rien de grave, du moins, au début. Quand mon frère lui a dit qu’il ne sentait plus tes jambes, il avait murmuré quelque chose en se grattant la barbe. Puis, plus haut, il avait ajouté que l'on ne pouvait pas se prononcer tout de suite sur cette affaire et que seul le temps nous le dirait.

Je retournai au lycée, le laissant guérir de ses cicatrices, au soin de la maisonnée. J’étais parti la tête basse et je ne l'avais jamais complètement relevé depuis.

Je rentrai maintenant la peur au ventre. Dans ta dernière lettre, il m'indiquait que le mal progressait : toute la partie gauche supérieure était également paralysée. Il devait souffrir de devoir rester allongé, lui qui aimait tant se promener...

A travers la vitre, le paysage défilait. Le blanc dominait et faisait apparaître des détails invisibles en temps normal. La lumière des lointains villages apportait du relief au noir et blanc de ce tableau.

Ma tête touchant la glace, me rappela que je ne rejoignais pas dans un foyer chaleureux. De longs couloirs glaciaux, une chambre à l'écart. Je n'aurais pas dû être. Je suis le fruit pourri tombé de l'arbre.

Ils pensent que j'ai éliminé mon frère pour pouvoir prendre sa place. Je me serais sauvé en le blessant. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que j'en suis incapable. Il est pour moi, bien plus que mon aîné : c'est mon guide. Il m'a toujours tendu la main, il était quelques fois mon professeur ; il m'a donné goût à la lecture, m'a permis de m'élever sans toute fois m'inférioriser. Il m'a toujours traité égal.

Un nouvel arrêt. Le dernier. Je m'approchais de ma destination. Toutes ces gares, se ressemblaient, je n'en voyais plus le bout, elles étaient toutes parsemées de neige, les gens s'agitaient dans tous les sens. On pouvait observer la multitude d'empreintes sur les quais entre les voyageurs. Je traîne mes affaires avec moi.

Il faisait froid dehors. Le vent venait cingler mon visage et ébouriffer mes cheveux. Au loin, j'aperçus notre cocher qui m'attendait. Nous nous saluâmes brièvement. Puis, après l'avoir aidé à monter mes valises, je rentrai à l'abri dans la voiturer et nous partîmes.

La route était cahoteuse à cause des précipitations, et la boue enlisait le véhicule. Sur la fin, je vis les bois dans lesquels nous avions longtemps joué avec mon frère ainsi que nos chevauchés, jusqu'à la dernière. Que de souvenirs gravés dans l'écorce...

A peine arrivé, je sautai à terre et laissais le cocher se débrouiller. Je grimpai rapidement le perron en prenant soin d'essuyer mes bottes et les ôtai à la porte malgré la fraîcheur du parquet. Mes parents étaient là, avec ma sœur ainsi qu'une servante qui s'empressa de me saluer et de me remettre une paire de souliers. Puis, elle se couvrit et partit à la voiture.


la suite ici.

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Arckhangelos

Arckhangelos

Auteur de 87 fiches
Dernière publication : Peuple de l'Abîme (Le) (index Oeuvres Littéraires et des Beaux Arts)

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Avatar Révolté de Classe Karmique, Harceleur Angélique d'un Naturel Gourmand, Éveillé à la Littérature, Original Spécimen

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2 commentaires dans la discussion Galerie Arck by Arckhangelos

  1. Caro

    Caro8 Mai 2014

    Pour l'instant je n'ai lu que les avant propos en cherchant un texte qui t'aurait été inspiré directement par cette muse dont tu parles dans ton intro, mais aucun ne m'a semblé correspondre. Peux-tu assouvir ma curiosité?
  2. Arckhangelos

    Arckhangelos12 Mai 2014

    Haha, une question assez facile à répondre. La muse a été une source d'inspiration que je qualifierais de secondaire. Il y a des choses que j'ai écrit qu'elle m'a plus ou moins inspiré mais qui ne sont pas présents dans cette galerie. Cependant, à l'époque, je l'ai plus ressenti comme une sorte de carburant, quelque chose qui te pousse à continuer, de donne une certaine motivation plutôt que la vision romantique et contemplatif de la chose à savoir : vanter les qualités de la belle, sublimer... Lire la suite
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